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Mon antre, uniquement mon antre.
Pas d'images, pas d'anecdoctes de ma vie. Des textes au centre Et des poèmes de moi ou d'autrui Qui suis-je ? Qui êtes-vous ?
Cette phrase récurrente me chagrine… Même pas capable de me reconnaître quand j’arrive… Alors je vous le confie une dernière fois !
Je suis la Mort.
Oui, ce curieux personnage que tout le monde redoute mais qui intrigue tant de personnes. Eh oui, la Mort, c’est moi. Avant d’être la Mort, je ne sais pas qui j’étais. Ca n’a ceci-dit aucune sorte d’importance. Je ne vis que pour accompagner les mortels à leur porte de la mort. Un travail pour ainsi dire ennuyant à mourir. Je hais les humains ou tout autre créature vivante. Ils pullulent de partout et viennent mourir dans mes pattes. Je n’interviens pas dans leur vie, je n’interviens pas dans leur mort. Je suis la neutralité en personne. Mais ils gémissent, ils se plaignent, ils pleurent, ils hurlent… ils ont tous des réactions démesurées en me voyant apparaître. Si je n’étais pas la Mort, j’aurais souhaité qu’ils meurent tous. Alors je souhaite qu’ils vivent tous éternellement. Je pourrais arrêter d’aller les chercher et me préoccuper uniquement de ma petite personne. Et pour tout dire, je l’ai déjà fait… Mais la situation ne fait que se compliquer ! Les morts surgissaient de partout ! Ils passaient n’importe quelle porte et après il fallait aller les chercher… Et puis il y a ceux qui se perdaient… non mais franchement ! Ils ne sont même pas capable de mourir sans pourrir la vie de quelqu’un d’autre, si on peut appeler mon existence une vie… Tous des incapables, des moustiques que la Vie s’amuse à m’envoyer quand elle a assez joué avec ! Elle, elle ne se prive pas de se mêler de la vie et de la mort…
Les mortels m’ont donné de nombreux noms. Ils m’ont vu sous des formes diverses et variées. Je suis l’unique personne qui a toujours été au sein de leurs pensées, leurs mœurs et de leur cœur. Je suis l’éternelle entité maudite. Je suis Yama… Il y a bien longtemps que j’existe en tant que Yama. Pauvre de moi. Avez-vous déjà vu à quoi je ressemble ? Je suis Hadès, le seigneur des Enfers. Le fier et valeur Hadès ! Je suis une gardienne, d’accord, mais les enfers… très peu pour moi ! Je suis Cerbère aussi, le gardien de la porte des Enfers… Oui, ce gros chien à trois têtes. Je garde effectivement des portes, mais c’est de loin la seule ressemblance ! Je suis Mictlantecuhtli… quand il m’arrive – rarement ! – de répondre par ce nom, j’ai droit à de grands yeux hébétés… C’est lassant les noms imprononçables. Il n’y avait que les Aztèques à qui je pouvais faire le coup ! Mais ils sont portés disparus… Je suis Izanami… Eh oui, quelques-uns ont vu une femme ! Mais là, ce serait me confondre avec la Vie. Déesse de la création et de la mort. Je suis aussi une shinigami… ça ne me déplait pas trop. Quoi que… Je suis unique. Il n’y a qu’une seule Mort. Si nous étions plusieurs, j’aurais moins de boulot ! Chez les Occidentaux, je suis la célèbre Faucheuse, cette grande ombre squelettique portant sa terrible faux. Vous savez, celle qui happe les mortels à grands coups de faux… Quel magnifique cauchemar ! Il paraît que je fais peur, mais je n’ai nullement envie de me lever pour faire la tournée des mourants. Celle des morts égarés me suffit !
J’en ai encore bien d’autres, tous plus inutiles les uns que les autres. Les mortels ont de l’imagination quand quelque chose les effraie. Que ce soit en Occident ou en Orient, dans ce monde ou dans un autre, ils n’ont aucune idée de qui je suis.
C’est parfois amusant – ceci dit, ça ne l’est que très rarement. Le reste du temps, il serait agréable de respecter quelques règles. Non, mais franchement… Les vivants ont toujours mis un point d’honneur à être comme ceci ou comme cela, mettant en avant leur honneur, veillant à le garder intact et à surtout ne jamais le perdre. Quitte, pour cela, à abandonner famille et amis. Quitte à se battre. Quitte à mourir même. Et ils ont toujours établis des règles bien précises : la politesse, les manières, les coutumes, les personnalités… Tout ! Tout est façonné pour garder son honneur, sa fierté, son orgueil de pauvre mortel ! Mais une fois mort… Ne pourraient-ils pas respecter un peu cet honneur qu’ils aimaient tant de leur vivant ? Non ! Bien sûr que non ! Les interdits, les silences sont levés. Alors ils arrivent n’importe quand, au beau milieu de la nuit, de ma pause, de mes nombreux amusements…
Eh oui, j’ai des passe-temps. Je suis avide d’histoires… Il faut bien se distraire quand on est éternel. Et ma distraction première, c’est d’observer les mortels. Ah ! Quelle rigolade !
Mais je m’égare… Tout ça pour dire que j’ai aussi besoin d’avoir des gens normaux face à moi. Des morts qui accepteraient leur sort, qui ne seraient pas apeurés, qui arriveraient à des moments plus appropriés… Et surtout, qu’on arrête de me hurler dessus ! Ca fait des milliers d’années que j’entend le même refrain. Il est tant de passer à autre chose, sinon je vais envoyer tout le monde à coup de pied au derrière de l’autre côté de la porte. D’ailleurs, c’est déjà arrivé ! Les pauvres… Ils vont garder cette douleur au fessier pour l’éternité. M’enfin, ils n’ont que ce qu’ils méritent.
Une règle fondamentale qu’il serait bien de suivre, ce serait de ne plus mourir la nuit. Pensez à moi ! Il fait nuit chez vous, mais il fait jour ailleurs. Si je dois être quelque part, j’aimerais à ne pas avoir à traverser trente-six-mille mondes pour venir récupérer une saleté d’âme égarée. Prière d’attendre jusqu’au matin ! C’est pas grand chose quelques heures de plus.
Un jour, un mortel a cherché à me faire la leçon sur ma façon d’accueillir ses pairs – et lui-même, par ailleurs. Ce stupide être éphémère m’a presque surprise en arrivant comme un boulet de canon. Il avait soi-disant entendu parler de réincarnation et il voulait retourner sur terre… Ah, ça, il y est retourné. Mais croyez-moi… il vaut mieux le demander poliment. Par rapport à ce misérable insecte, j’ai reçu les rois, les empereurs, les pharaons, tous les plus grands de ce monde et des autres… Et il croyait vraiment pouvoir m’ordonner quoi que ce soit ? Peuh ! Alexandre le Grand, Guillaume Tel, Freud, Louis XIV, Léonard de Vinci, Cléopâtre, César… Ils ont tous ployé devant moi.
Je ris parfois quand on me pause la question fatale. Qui suis-je… Une infinité de personnes ont tenté de répondre à cette question depuis la nuit des temps. Pour certains, la mort n’existe pas. Tout est une boucle éternelle. Ceux-là, je ne les ai pas gâtés quand ils ont eu l’audace de venir à moi. Je veux bien croire qu’on ait du mal à admettre mon existence, mais de là à la nier ! Enfin… Réfléchissez un peu ! Tout le monde meurt. Je suis comme le mur inévitable qui arrête brutalement votre chemin. Du plus petit des êtes vivants au plus gros ! Et encore, eux, ils ne se plaignent pas…
Il y a quand même quelques exceptions qui ne poseront pas la question. Mais, là… C’est vraiment pas gentils pour moi. Par contre, j’avoue que la Vie est désemparée à chaque fois. C’est quelque chose dont on ne parlait pas beaucoup autrefois. Ceux qui se donnent la mort savent qui je suis. Ils me donnent du boulot supplémentaire, ces idiots. Franchement ! J’en ai déjà assez comme ça.
Bizarrement, les mortels se complaisent à me nommer, à expliquer sous tous les angles possibles et imaginable – sauf celui qui contient l’exacte vérité – mon existence. Mais ils évitent de parler de moi directement. Ils passent sous silence la cause de leur souffrance, de leur tristesse, de leur haine et même parfois de leur joie. Ils contournent le sujet qui dérange. Ils n’en parlent pas à leurs enfants. Il y a de nombreux poèmes, textes, contes, chanson, éloges à mon sujet. Mais il n’y a rien. Mort et silence vont par paire. Mort et silence…
Alors quand je rencontre un mortel mourrant – car parfois j’en vois – qui se pose cette question, qui la verbalise ou que je la vois dans son regard, je lui réponds :
Je suis la Mort.
Et là, je vois dans leurs yeux cette lueur effrayée, celle qui ne veut pas s’en aller. Alors avec un sourire qui se veut moqueur – bah oui, moi, maintenant ou dans quelques instants, ça ne change pas grand chose, le mortel est mourrant, donc il ne va pas tarder à venir me retrouver – je lui adresse les mots du silence, un doigt sur la bouche.
Chut ! Ne le dites à personne. Tags associés : suis-je
Vendredi 19 Juin 2009Poster un commentaire
La chaleur envahit mon corps La sueur coule le long de ma peau frissonnante Je ne ressens aucun remord A l’idée de vivre de ces caresses plaisantes
Le temps s’arrête pour quelque instant L’espace d’un plaisir inconnu Qui me pousse à suivre le courant Comme un petit être perdu
Et alors que monte le désir Alors que s’accentue le besoin Je comprend le plaisir Que j’ai longtemps vu de loin Tags associés : Amour
Vendredi 19 Juin 2009Poster un commentaire
Je t’aime depuis toujours Mais tu m’as haï au premier jour
Je te regardai dans un espoir vain Et tu m’ignorais en partant au loin
Je me contentais de me taire C’était la meilleure chose à faire
Je voulais être près de toi Tu voulais être loin de moi
J’ai cessé de te regarder Tu as continué à m’ignorer
Alors pourquoi pleures-tu Sans même m’avoir connu
Pourquoi regardes-tu le soleil Sans chercher des merveilles
Pourquoi regardes-tu la lune De cette façon peu commune
Pourquoi cris-tu aux vagues de l’océan Qu’à cause d’elles tu souffres tant
Je ne peux ignorer ta tristesse Mais je ne t’ai fait aucune promesse
Un jour tu m’as dit de te laisser en paix Et c’est ce que j’ai fait
Peut-être regrettes-tu De ne pas m’avoir entendu
Je te disais tant de choses insignifiantes Que tu n’entendais pas les plus importantes
Celles que mon cœur te transmettait Celles que ton cœur n’a jamais acceptées
Et si je te vois toujours d’où je suis Tu ne me vois plus depuis
J’avais si mal de t’aimer tant Que j’ai arrêté le temps
Si tu m’avais regardé avec ses yeux avant Je serai resté avec toi jusqu’à la fin des temps
Vendredi 19 Juin 2009Poster un commentaire
Du haut d’un précipice Une enfant pleure En attendant le moment propice Pour avancer son heure
Son cœur a cesser de vivre Malgré son âge pas assez grand Pour s’éloigner des joies ivres De ce monde sanglant
A quoi bon vivre de souffrances De mensonges et de morts Quand d’autres s’en mettent plein la panse Et se fichent de leur sort
Cette enfant connait son heure Elle choisit juste sa fin Et bien qu’elle se meurt Elle veut contredire son destin
La maladie a envahi son corps Et bien qu’on lui donnera tort Elle passe sur l’autre bord Elle n’attendra pas la mort Tags associés : enfant
Vendredi 19 Juin 2009Poster un commentaire
A l’aube claire du levant, Dans ce champ de coquelicot, Je dresse cette pierre d’antan Loin des flots
Ne m’en veux pas, mon ami Ce rouge remplacera le tien Et je viendrai chaque jour ici Pour essayer de garder le mien
Je serai toujours avec toi Tu règne dans mes pensées Et en mon cœur tu es roi Bien que tu nous aies séparé
Je te sens près de moi Tu es toujours là Et quand je ne pense plus à toi Tu m’entoures de tes bras
Tu me feras souffrir toujours Tu ne veux pas que j’oublis J’ai peur de partir à mon tour Loin de cette foule infinie
Je pleure Je ne peux effacer J’ai fait trop d’erreur Mon âme est souillée
Mes larmes continues de couler Mon corps veut te retrouver Mais je ne peux oublier Que je t’ai tué
Vendredi 19 Juin 2009Poster un commentaire
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